badinter.jpgCertains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions.

La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité.

J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République.

famine.jpgDans une tribune publiée dans Libération le 11 avril, le ministre Bernard Kouchner et ses secrétaires d'Etat découvrent que des centaines de millions de personnes souffrent de malnutrition et de sous-nutrition, et que c'est un scandale. Ils suggèrent que cela est dû au changement climatique et à quelques autres facteurs. L'explication est un peu simpliste et fait fi de toutes les expertises africaines et européennes et des actions antérieures menées ou manquées depuis des décennies.

poche_vide.jpgProdigue avec les riches, pingre avec les précaires. Voilà la ligne de conduite budgétaire que semble avoir fixé Nicolas Sarkozy. Après avoir accordé plus de 15 milliards d'euros de réductions fiscales aux ménages les plus aisés, le président de la République accuse les politiques sociales d'être responsables du déficit et de la dette de l'État. Une mauvaise foi affichée qui vise à faire payer aux classes moyennes et populaires les cadeaux accordés à une minorité.

Sarkozy n'a rien compris !

Tribune de Pierre LARROUTUROU

« Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C'est ce qui a permis de soutenir la croissance aux Etats-Unis » affirmait Nicolas Sarkozy, fin 2006, quand il expliquait sa "nouvelle" stratégie économique (Les Echos 9 novembre 2006). Qu'en est-il aujourd'hui ? Alors que 1.300.000 familles ont été expulsées l'an dernier de leur logement pour cause de surendettement et que l'ancien Président de la réserve fédérale, Alan Greenspan, vient d'avouer que les Etats-Unis sont sans doute entrés dans "la crise la plus grave depuis la seconde guerre mondiale", notre nouveau Président veut-il encore "développer le crédit hypothécaire" ?

sarkonapolk.jpg«Que peut-il? Tout. Qu'a-t-il fait? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.» Seulement voilà, «il a pris la France et n'en sait rien faire». Dieu sait pourtant que le président se démène: «Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets; ne pouvant créer, il décrète; il cherche à donner le change sur sa nullité; c'est le mouvement perpétuel; mais, hélas! cette roue tourne à vide.»

L'homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère, est un carriériste avantageux.

«Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.» On y ajoutera le cynisme car, la France, «il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue!». Triste spectacle que celui du «galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé».

Victor Hugo, Napoléon le petit (Réédité chez Actes Sud)