Actualités nationales

Le 22 janvier, devant un parterre d’hommes politiques, de présidents d’universités et de chefs d’entreprise, M. Nicolas Sarkozy s’est longuement exprimé sur le thème de la recherche en France.

Entre autres choses, M. Sarkozy affirme que la recherche française est « médiocre », que les chercheurs sont entrés dans la carrière « parce qu’ils ont vu de la lumière et qu’il faisait chaud », et qu’en somme, ce sont des fainéants, des planqués et des parasites.

Il y aurait beaucoup à répondre à M. Sarkozy. Mais à quoi bon ?

Par Bertrand Monthubert, mathématicien, secrétaire national du PS à l'enseignement
supérieur et à la recherche.

Depuis plusieurs semaines, le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche se rebelle : IUT en grève, front très large hostile à la réforme de l'accès au métier des enseignants, motions en nombre contre le projet de décret transformant le statut des enseignants-chercheurs, protestations de présidents d'universités contre la dotation budgétaire prévue par l'Etat, lettre ouverte de la conférence des présidents d'universités à Nicolas Sarkozy, motion unanime du Conseil national des universités, prises de positions des instances scientifiques d'organismes, moratoire des expertises, et maintenant appel à la grève reconductible pour le 2 février...

wazier-1-Avec une note d'humour, ci-joint la réponse adressée par le maire de Waziers (Nord) à l'inspecteur d'académie qui lui demandait des moyens pour assurer la continuité de service public le 29 janvier dernier.
Je vous recommande la fin du texte : "Darcos pour changer les couches".

92052-sarkoteleJean-Paul Huchon : « Il faut une réelle concertation avec les collectivités locales »

Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d'Ile-de-France, et Marie-Pierre de La Gontrie, 1ère Vice-présidente en charge des Finances, s'étonnent de l'annonce de Nicolas Sarkozy « de supprimer la taxe professionnelle dès 2010 », en dehors de toute proposition de réforme de la fiscalité locale et sans compensation financière concrète.

Marie-Pierre de La Gontrie souligne « le caractère précipité d'une telle proposition alors que la TP représente 61% de la fiscalité directe des Régions et 367 millions d'euros pour la seule Région Ile-de-France en 2008. »

De plus, le plafonnement de la TP à 3,5% de la valeur ajoutée décidé par le gouvernement en 2007, sans concertation avec les collectivités locales, avait déjà induit une perte de recettes de 53 M€ pour l'année 2008.

Lors de la Conférence Nationale des Exécutifs du 10 juillet 2008, le gouvernement avait assuré les élus qu'aucune réforme ne serait décidée tant qu'une concertation approfondie n'aurait pas eu lieu avec les associations d'élus. François Fillon assurant alors qu'une mesure touchant à la TP ne pourrait se faire « de manière précipitée et unilatérale ».

« S'il y a une réforme de la fiscalité locale, elle suppose une réelle concertation avec les collectivités locales, poursuit le Président de la Région Ile-de-France. »

Enfin, Jean-Paul Huchon s'interroge « sur l'absence de cohérence entre cette annonce qui bouleverse l'équilibre des échelons locaux et les réflexions en cours au sein de la Commission Balladur sur la réforme des institutions. » En effet, le rapport Fouquet, commandé en 2004 par Jean Pierre Raffarin, a estimé que la TP constituait 16 % des ressources des collectivités locales et participait à plus du tiers de leur autonomie financière.

greveuniversiteLa crise s´installe durablement dans les universités. Le Parti socialiste avait prévenu le gouvernement que la réforme du statut des enseignants-chercheurs était en train de prendre une dimension très préoccupante.

Le Conseil National des Universités a demandé, à la quasi-unanimité le retrait du projet de loi relatif à cette réforme. Cette contestation légitime s'explique également en grande partie par la diminution des moyens financiers et la volonté dogmatique de suppression de postes dans un domaine pourtant reconnu comme prioritaire.

La réforme du statut des enseignants-chercheurs conduit à une modulation du service d'enseignement. Mais dans un contexte de suppression d'emploi, cela revient à imposer une dégradation du service rendu et une aggravation des conditions de travail. Nous sommes loin de l'objectif de reconnaissance du métier d'enseignant-chercheur.

La réforme de la formation des enseignants est également rejetée faute de concertation et de négociation préalable.

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